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 Ezaëlle Beaumont (Une fresque... En attente d'histoire !~)

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AuteurMessage
Ezaëlle Beaumont



Nombre de messages: 3
Age: 18
Localisation: Derrière chaque visage... Sous chaque sourire... J'me déplace d'âme en âme, et délaisse peu à peu ma pauvre carcasse toute moche de gavroche.
Humeur: Caméléon !~
Points de Role Play: 0

Feuille de personnage
Camps choisi: Celui des lettres.
Métier: Façonneuse de masques !~
Age: 22 dragibus
MessageSujet: Ezaëlle Beaumont (Une fresque... En attente d'histoire !~)   Ven 10 Fév - 10:35



IDENTITY


☂ EZAËLLE B.☂






L'ODE D'UN MASQUE SANS VISAGE


Et si le cerveau des humains renfermait comme une sorte de labyrinthe caché ? Avec ses nombreux plis et replis, ses sillons glissant... Ses fissures, ses coups d'usure mais surtout, ses éternelles et indésirables impasses...
Car, je le sais. J'aurai beau m'chercher ou m'égarer dans ce vaste dédale... Au final, les mûrs de ma conscience n'auront de cesse de me broyer...

QUI SUIS-JE ?



La foret de Rose by Joe Hisaishi on Grooveshark


« Le pire mensonge est de se mentir à soi-même. »
~Marc Levy



    NOM :« Beaumont ». Pitoyable n'est-il pas ? Associé à mon prénom, il grince tel une mauvaise marque de cosmétiques... Remarque, je ne devrais pas avoir à jouer les gamines insatisfaite... Ce « joli » patronyme, c'est moi, et moi seule qui l'ai épousé... Coupable mais à la fois victime de ma propre frustration. Je devais avoir d'la boue dans les yeux, le jour de son adoption.
    PRENOM : Par bonheur, il contraste à merveille avec la laideur qu'est mon nom. « Ezäelle ». Une dénomination de toute beauté, assez poétique ou angélique.
    SURNOMS : Je ne sais pas si l'on pourrait parler de surnoms. Non plutôt d’appellations en fait.
    Depuis ma naissance, beaucoup se sont succédés. Et, je les conserve, hélas, précieusement dans le tiroir de ma tête. Vous savez, un peu comme de vieux clichés compromettant, dont on n'arrive à se défaire. Faute d'une attache malsaine...


      « L'autiste » : Le premier d'une longue liste. Ce fut mes gentils camarades de classe, qui me l'eurent offert. La jolie pomme empoisonnée que voici ! La faute à mon coté, renfermé, interne... Non pas une attitude bouillonnant d'égoïsme ou d'autres défauts accès sur le « je »... Juste, un besoin d'isolement, de solitude... De toute façon, pourquoi s'enticher de relations éphémères ? Alors que les livres ont tellement à nous apporter.

      « Face de craie » : Dans la catégorie « sobriquets, bêtises d'ces foutus mômes bancroches » je voudrais le successeur. Plus concrètement, il faut croire que l'Homme, même celui qui n'en est pas encore un - et de là, j'attends, celui qui n'est pas encore corrompu par l'orgie qu'est le manège rond - finit tôt ou tard par se lasser de sa propre sottise... Comme un enfant... Des fois d'ailleurs, je m'imagine le globe étant une gigantesque attraction dirigée par des gosses qui ne connaissent même pas les raisons quant à leur présence à la fête...
      Bref... Ce pseudonyme n'est que l'héritier de celui ci-dessus... Rendu fautif par mon indéniable teint diaphane dans temps.

      « Le doppelgänger » : Qualificatif surgit à la Wammy 's House. A onze ans déjà, je disposais de ce merveilleux et étrange don : me glisser, copier, ou dérober, l'existence des autres. Certains adultes me regardaient avec de grands yeux gonflés lorsque je prenais la gestuelle de Marjorie, de Claude, ou d'Emily... Le plagiat des voix, n'avait aussi point de secret pour moi... Et, aujourd'hui, avec la technologie de pointe, se confectionner un visage artificiel ne demande pas en soit d'être magicien... Vous l'aurez comprit, depuis cette époque, je vis de l’identité d'autrui... Comparable à une comédienne hypocrite... Mais n'est-ce-pas mon seul canot de sauvetage ?! L'unique bouée à laquelle je peux me cramponner... Moi, la sinistrée de ces vagues scélérates qui matraquent mon pauvre encéphale d'interrogations vis-à-vis d'une vrai moi étrangère.

      « French Girl », « Frenchy » ou encore « Gaijin », étrangère comme le disent si bien nos amis du soleil levant : Dès mon arrivée sur l'archipel, nous pourrions dire que je fus gâtée... Tu foules les pieds sur une terre, et, d'entrée on t'agrafe une étiquette... Je sais que le désir d'appartenance est omniprésent chez les humains mais, je trouve ce tri catégorique d'ethnie, de mauvais goût...

    AGE : Ne vous a-t-on jamais dit, qu'il était interdit d'poser ce genre de question aux damoiselles ?! Heureusement pour vous, je me sens d'une humeur rossignol aujourd'hui... Sachez, que cela fait exactement vingt-deux années que j'ai chu sur Terre... Ce qui est vraiment quantité négligeable lorsque l'on regarde les étoiles ou la mer.
    RÔLE : Épauler mes confrères et consoeurs dans cette bataille pseudo divine - car pour moi, Kira n'est rien d'autre qu'un enfant capricieux, un p'tit insolent qui jouit du jeu nocif qu'il vient d'inventer... Comment me direz-vous ?! Et bien... En volant des visages et les informations qui y sont associées.
    METIER : Une belle profession de fouineurs qui, en général, ne vous laisse pas d'illusions quant à la longévité de votre existence... Détective/ Enquêtrice privée.
    DEATH NOTE ? : Non merci. Je ne serai que faire d'un tel outil morbide.

WHO I'M :

    DESCRIPTION PHYSIQUE :
    :: MONOLOGUE SUCRÉ ::
    témoignage d'un jeune pâtissier
    - In the Speak Easy -


    Si je me souviens de cette cliente venue consommer dernièrement ? Bien sur, il en va de soit ! On n'oublit jamais un visage comme celui-là ! Fu hu hu !
    C'était un mardi... Je m'en rappelle parfaitement. Je nettoie toujours mes étagères ce jour là... J'étais donc en train d'astiquer un vieux pot d'confiture vide... Lorsque je l'ai vu arriver.
    Vous savez, je suis le propriétaire d'une piètre pâtisserie. Rares sont mes clients... C'est tout juste si j'arrive à tenir mes fins de mois. Alors qu'une damoiselle ou qu'un damoiseau s'ébauche sur le pas de la porte vitrée, j'en détaille finement les traits.
    Et si j'ai la chance de tomber... Non... Et si par chance, la providence m'offre une jolie poupée porcelaine... Pourquoi se voiler les yeux ?

    Elle est entrée et a dépoussiéré les cristaux de glace harponnés à son bonnet. Sous une grosse écharpe bien tiède, je devinais ses deux petites pommettes rosies par le givre.
    C'est qu'il neigeait très fortement le jour J. Au dehors même le vent cachetait ses rafales argentées.
    Tout doucement, elle s'est dirigée vers la première table venue... D'un pas que je qualifierais de voluptueux... Vous savez, comme ces funambules, sous chapiteaux : Une démarche calculée pour suinter l'élégance et capter le regard... Uhm... De mémoire il me serrait difficile de trouver une expression exacte. Aussi, pardonnez-moi si je m'heurte aux frontières de l'imaginaire.

    Sa taille ?! Et bien... Que vous dire... Je n'ai jamais vu de femme aussi grande. Et ce en dépit d'une présence probable d'escarpins ou de quelque origine occidentale.
    L'inconnue frôlait aisément les 1M75...
    A ce que je sache, elle n'avait point l'air de souffrir de problème de surpoids. Non, pour tout vous dire, elle ne disposait d'aucun kilo superflu...
    Ce qui ne l'empêchait pas d'avoir de jolies formes partout là où il faut. Fu hu hu !
    Belle poitrine, hanches bien sculptées, épaules cintrées, fessier ferme, taille étroite... Un canon qu'vous dis ! Une vraie adepte d'Hepburn.

    Voyant que je la fixais trop intensivement, notre sublime étrangère toussota sèchement. Du temps que je n'le réalise, une veste épousait déjà le dossier d'la chaise en bois de frêne. Et elle, le menton en appuie sur le plat d'une main, matraquait obstinément la surface d'la table de l'autre.
    Mais qu'ont les occidentaux à être aussi hostiles ?
    Aussitôt je m'empressai de prendre sa commende.
    Étouffant un perpétuel « désolé » futile, stéréotype du parfait japonais soumis...
    Visiblement réjouit d'être témoin de ma déchéance, elle esquissa un sourire fugitif.
    Je détestai sa mine espiègle. Les mêmes airs d'une gamine qui trône sous son avalanche de jouets...
    Sur ce, elle réclama - quoi que, « ordonna » m'eût semblé plus juste - un « Ambassadeur » accompagné d'un jus d'abricot goûteux. Sans me laisser l'opportunité d'ajouter une seule formule de politesse, la peste raya ma présence d'un simple mouvement de poignet.

    Tandis que je disposais le petit délice émeraude sur un éclat de faïence, je continuais à l'épier curieusement. Partagé entre colère et indifférence. Admiration et mépris. Émotions diablement contradictoire, je ne m'en cache pas.
    Mon angle d'observation dépeignait une toile des plus étranges... J'avais l'impression de me retrouver propulsé face à l'une de ces veilles photographies du vingtième siècle. Vous savez, au temps de Cary Grant...
    La robe sombre d'une lady se détachait du fond coloré de friandises arc-en-ciel. L'étoffe froufroutante de ses vêtements accentuait le côté frenchy de mon magasin. De beaux talons rose bonbon gainaient ses fines chevilles voilées de collants à poids...
    Une barette onyx d'Hello Kitty venait accentuer son semblant juvénile... D'ailleurs, en évoquant cela, je constatai quelques rondeurs d'enfance, encore emprunt sur la forme de son visage.

    Ses cheveux barbe à papa dégoulinaient en cascade jusqu'à la courbe de ses reins. Gonflés, tous cotonneux... Et avec cette frange bien lisse, bien rectiligne lui camouflant l'ensemble du front, j'aurais juré avoir affaire à un charmant petit automate.

    Je versai le nectar dans un verre translucide. Celui-ci éclatait au sein du froid polaire. J'y appliquai deux ou trois glaçons... Pour me venger de sa carence en délicatesse. Les icebergs orangés valsaient sur l'étendue crépuscule.

    Mon plateau prêt, je lui apportai sa commende... Et c'est là que je les aperçus enfin. Ses iris...
    Deux immenses billes amandes pailletées de réglisse. Des cilles aussi gracile que les ailes d'un papillon... Comme s'ils cherchaient à embrasser la luminosité de son regard...
    Car son expression, du moins, celle de ces yeux, renfermée ce « quelque chose ». Si ! Songez un peu comme Maryline. Deux orbes mythiques... Telles des grottes interdites, renfermant le secret d'une puissante tourmente interne...
    Du moins, ce n'était qu'une impression.
    Puisque aussitôt, ses lèvres au coulis cerise s'écorchèrent en un sourire radieux.
    « Merci » me fit-elle d'un charmant français.
    Sa voix me semblait comparable aux calissons.
    Douce... Douce... Douce... D'une douceur quasi écœurante... Mais peut-être étais-je trop inhumé de mes propres préjugés ?

    Des doigts longs et effilés... Aux ongles entretenus et magenta... Aux phalanges luisantes et saillantes... S'emparèrent avec certaine minutie de l'argenterie...
    Je la laissai donc savourer pleinement sa pâtisserie.

    A la fin de sa dégustation, elle régla sa note puis, à mon grand étonnement, déposa un important pourboire...
    Je ne la revis plus, plus du tout... Cependant, je sais que je garderai d'elle un indélébile souvenir.
    Des odeurs nostalgiques de chamailleries et de pommes d'amour...
    Qui me pousserons à murmurer, les jours moroses, des airs de « La vie en rose ».


    Hi, hi, hi. Regarde comme ces paroles sont belles, « Ezaëlle ». Vois comme elles reflètent à merveille l'image de ce que tu n'es pas.
    Ça t’accommode tellement... Éblouir ces naïfs sur le miroir de tes mensonges...
    Et si je leurs disais la vérité ?
    Celle que tu es réellement ?
    Non ? Oh ! Inutile de secouer la tête avec tant de véhémence.
    Te définir reviendrait à décrie un bocal vide. Car, voilà ce que tu es... Un vulgaire aquarium perforé de son contenu.
    Tu t'affiches, te pavanes, sous une apparence préfabriquée... Mais dans le fond, tu es creuse. Tu es creuse, ma pauvre « Ezaëlle ». Du cœur, et de l'esprit.
    Pourquoi t'assommer de ce vain désir d'appartenance ? Un d'ces jours, la folie ne manquera pas d'te cogner au front... A moins que tu ne décides d'en finir prématurément. Tu sais, sur ces jolies droites ferrées. Ou peut-être que Kira l'emportera sur cette simple pensée morbide...
    Car, au final, n'est-ce pas ce que tu désirs ?! Hein ?! « Ezaëlle » ?!


    « Assez ! Tu empestes la moquerie, chère conteuse. Je ne réponds pas à de telles attaques. »

    DESCRIPTION MORALE :
    :: RÉFLEXION PROFONDE ::
    - BlueMoon -

    ~~~

Il est plus de minuit, sous la capitale nippone. Les antennes des immeubles transpercent un ciel sans étoiles. De petites lumières frénétiques grouillent de part et d'autre sur le périphérique. Tokyo est une ville qui ne dort jamais dit-on. Et parmi ces millier d'âmes agités, l'une d'entre elle peine à rejoindre Morphée. Elle s'agite. Panique dans un océan d'édredons bouillants... Puis, contre toute attente décide d'aller dans le sens de ses insomnies. Dans un bel état de lucidité, elle s'arme d'une plume, d'un petit fragment de feuille... C'est décidé, ses mots/maux qui troublent son pauvre cerveau, elle va les faire saigner, ce soir, sur le papier. Et quel meilleur moyen que l'écriture pour cheminer dans les méandre de son subconscient :

    ~~~


    « Encore une nuit avec la foutue même angoisse. Que m'arrive-t-il ? Je devrais pourtant m'estimer euphorique à l'idée d'être enfin sur la même terre que lui...
    Au lieu de ça, je me tords dans mes couvertures et dans les parois de mon pauvre encéphale... En fait, sa proximité nocive n'aura eu l'effet que d'me hanter... Un peu comme si j'étais sous l'emprise de drogue hallucinogène.
    D'ailleurs, je fais souvent ce rêve...
    Ma vision se décortique. Les éléments autour de moi se tordent, sans doute tourmenté intérieurement. J'aborde un interminable couloir bordé de tableaux dépourvus de visages... Sur le carrelage, des yeux de crocodiles me projettent des regards accusateurs. Je me sens lapidée de leur animosité... Arrivée en fin du corridor, je m'heurte à une parois en verre... Pour finalement réaliser qu'il s'agit d'un miroir... Ou, plus précisément, du miroir de mon cœur... Dans une bouffée d'orgueil, un sourire perfide s'agrafe à mon visage poupin... Je joue avec ma chevelure, avec la beauté de mes traits, fais un assortiments inutiles de grimaces... Vraiment, une épine suffit à mon estime... Lorsque soudain, je me disloque complètement... A la façon d'une toile qui se retrouverait subitement vidée de ses couleurs. Les filets de peinture gorgent le sol, avant de fissurer l'atmosphère d'une impitoyable hémorragie. Parmi cet univers en chaos, mes iris s'agrippent à la glace en morceaux... Je me rends alors compte, dans un indicible regard hagard, que je ne suis plus qu'une simple silhouette blanche... Sans visage... Comme ces patins d'art plastique... Un ridicule modèle sans forme ni fond... Je me réveil alors, le front luisant d'un chapelet de sueur...

    Qui suis-je ?!

    La souffrance à cette interrogation me nargue avec amusement ces derniers temps...
    Non. Depuis toujours en fait.
    Mais, j'ai décidé de me venger. De la poignarder cette douleur insolente.
    L'écriture a souvent été l'unique boussole à ma raison... Aussi, j'espère qu'elle me guidera encore parmi les lignes, ce soir.

    Qui suis-je ?!

    Mes pensées ont beau s'entrechoquer mais, cette question, suis-je vraiment la seule à me la poser ? Ne dissimulons-nous tous pas un inconnu dans un recoin sombre de l'esprit ? Un démon ? Une ombre ? Ou l'illusion quelconque d'une personnalité qui nous échappe ? Je ne sais plus, plus du tout... A force de le porter, cette saloperie de masque s'est greffée à mon visage... Et à défaut de pouvoir l'ôter... Je parviens à songer : « Qui suis-je réellement ? » ; « Quelle face assez lâche peu avoir recourt à un telle tromperie ? ». Les réponses... Les véritables traits de mon ancienne identité, se sont dissous dans le néant... Probablement...

    J'ai vingt-deux ans. Pourtant ma naissance remonte à dix-huit années. Une mise au monde des plus surprenantes, je vous l'accorde...
    Les premiers instants de ma vie furent flous. Brouillés, comme les ondes sur la surface d'un lac... Je sais juste qu'au petit matin de mes sept ans, je me suis éveillée... Et, j'étais Ezaëlle Beaumont... Ou tout du moins les premiers fragments d'un masque à venir.

    Ezaëlle Beaumont... En voilà un joli nom pour un fantôme.
    Cependant, cette ombre, cette femme qui n'existe nul part-ailleurs que dans ma tête, et dont j'affiche pleinement l'existence, pour convaincre d'être encore saine d'esprit. Oui cette fille là, j'ai au moins le mérite de la connaître. Telle une jumelle que je contemple chaque jour, dans l'éclat d'une vitre.
    Si j'ignore ma véritable contenance, alors, pourquoi ne pas découdre de ma fausse enveloppe ?
    Ce peut être une « thérapie » comme une autre... C'est vrai, Ezaëlle dissimule encore ses secrets... Si j'ai la possibilité de les explorer entre deux tâches d'encre ou d'éviter la camisole, pourquoi s'en priver ?

    Ezaëlle... Une femme qui n'a d'un ange que le prénom.
    Ezaëlle Beaumont... Comment pourrais-je faire ton portrait, sans te comparer à une enfant ? Tes iris scintilles de malice. Et souvent à en voir ce sourire diablotin écorcher la rougeur de tes lèvres, on pourrait croire que tu t’apprêtes à gribouiller les mûrs de ta chambre... Et je t'imagine déjà, là, prise sur le vif, les joues rosies par ta propre sottise ; en train de secouer la tête en bon automate, de nier tes actes... Car tu n'es qu'une petite menteuse. Ton unique fonction résulte du mensonge... Crois moi, tu ne seras certainement sincère qu'au moment de ton extinction.
    Te chercher une quelconque qualité, reviendrait à guetter la luciole au tréfonds d'une abîme.
    Rien que la sincérité, pour commencer... Tu peux la raturer de la liste. Hein petite tricheuse ? Même sous un masque, on ne peut truquer un caractère.
    Malgré ce penchant, qui s’avérerait fort utile pour ces piques-assiettes de politiques, tu es quelqu'un d'unique. Une de ces rares personnes à valoir encore un détour.
    Car oui, sous tes virages et sillons de bobards, se cache une personne d'écoute. Une poète qui sait tout aussi bien tendre l'oreille aux mots, qu'aux maux des autres. Je te soupçonne même ce coté sensible que tu recraches toujours d'une fierté artificielle. Mais tu sais... C'est beau d'être sentimentale... Je présume qu'il s'agit de ta nourriture d'artiste... Celle qui te métamorphose en une remarquable actrice, sortit directement du cocon de ses réflexions... Ou d'un parasite qui s'intruse sur le visage d’autrui... C'est selon...

    On te décrit souvent du genre « bonne amie ». Cette réputation – qui aura tendance à te faire hausser les épaules, l'air faussement nonchalant – naquit un jour de ta faculté à essuyer les risques... Notamment pour sauvegarder tes proches... Mais n'est-ce pas encore lié à ton égo ? Tu es si dépendante d'eux, ma pauvre Ezaëlle. Tu as tellement besoin de leur essence pour te persuader d'une existence si synthétique...
    Ne t'enfonces pas dans le déni comme dans une mare ridicule.
    Tu le sais, la conception du « soi » repose : sur le regard des autres, sur nos convictions... Mais avant d'avoir des convictions, ma chère Ezaëlle, il faudrait que tu te remette en question.
    Il n'y a pas d'idéaux sans personnalité...
    Et toi qui endures tant visages, toi qui te perds dans un océan de sourires... Au point même d'en avoir noyé le restant de ton identité... Je doute que tu puisses encore posséder des valeurs propres.
    Ne sachant point qui tu es, tu places donc « les autres » sur le plier de l'importance... Tu consolides ce besoin... Tel que si tu étais sur un toit soutenu par une seule et même voûte.

    Protectrice... Mais pas du style à catapulter vainement ta vie aux orties.
    Une différence se terre, entre le téméraire et le suicidaire.
    Jamais tu ne baisseras tes prunelles face à quelque péril... Et encore moins, si ton avarice social en est l'enjeu...
    D'un autre coté, si ta vie s'en retrouvée menacée, je pense que tu hésiterais...
    Tu n'as pas t’étouffer d'gêne. Aimer vivre, c'est tout à fait légitime...
    Et je suis heureuse de constater que tu apprécies les autres, tout en sachant dresser ces barrières...
    Puis, il serait si stupide de se sacrifier sans connaitre celle que tu es.

    Tu as longtemps délaissé le songe de t'heuter à l'idéalisation, et dieu sait comme tu as raison.
    Après tout, que gagne-t-on à placer les gens sur une marche supérieure à leur valeur ? Rien. Si ce n'est d'adopter l’incertitude de se casser un jour ou l'autre la figure...
    Accepter l'individu tel quel, est le plus sûr moyen pour ne pas chuter de l'escalier de ses attentes... Hors, tu as osé faire cette erreur, il y a dix-huit ans de ça...
    Souviens-toi, avec ton cher papa...
    Pour engendrer quoi ? Au final ? Douleur et déception entremêlées.
    Hi, hi. Tu es minable, mais minable, ma petite Ezaëlle...

    Présenter ton amabilité est une chose. Et si nous mettions désormais tes défauts sur le devant de la scène ? N'es tu pas d'accord ? Minuscule poupée aux cheveux bouclés ?

    Avec un peu de mauvaise volonté, tu pourrais refaire la définition « d’imbuvable » à toi seule...
    Car au risque de me redire, tu es gamine. Une sale peste de vingt-deux ans encore enracinée dans les caprices de l'enfance.
    Tu détestes que l'on te contredise, et martèles inutilement d'la semelle chaque fois qu'une épine te pique l'estime.
    Pour ton bon amusement, tu serais capable de tirer la langue aux passants, ou de jeter des cailloux sur les vitres, avant de t'en aller en pouffant bêtement...

    « La vérité sort des lèvres d'un môme ». Là aussi, la spontanéité de tes paroles te fais souvent de l'ombre... Mais peut-on reprocher à une menteuse un semblant de sincérité ?

    Autre facette que tu auto-proclames dérisoire : ton amour pour le détail.
    Juste parce que les choses les plus simples sont aussi souvent les plus magnifiques... Tu aimes t'extasier devant des chevaux d'bois, t'éssoufler sur les pissenlits, dessiner sur les vitres et avec la buée ébaucher de joli petit coeur tout coulant. Courir pieds nue sur la plage, ramasser des coquillages, avoir le tournis sur une balançoire géante...
    Juvénile, juvénile, juvénile ; nullement débile.

    A ce propos, et l'Amour dans tout ça ?! Tu n'y crois pas plus qu'aux clôches de Pâque. Sérieusement, cela fait longtemps, qu'tu as fait le deuil du Prince Charmant. Il n'y a pas de princes charmants, qu'des princes cinglants, comme le dirait si bien madame Pancol... De toute façon, l'image que tu as de la gente masculine est... Disons peu valorisante... Tu sais qu'c'est indigne... Que juger ainsi, un groupe entier et indispensable d'individus ne mène à rien, si ce n'est au mûr... Mais j'pense que cette haine illégitime est due à une blessure pas encore tout à fait cicatrisée...

    Ton aversion pour les mâles est si grande, que tes paroles en deviennent parfois effrayante : « Si un jour un garçon vous offre des fleurs, n'ayez pas peur. Il vous suffit de sourire, et pour en finir, de l'aveugler, en lui plantant les roses dans ses chères orbites adorées.»

    Dans la catégorie des répliques pas drôles il m'est eu aussi arrivé d'écouter : « C'est mômes là, j'parie que même Nostradamus ne les avaient pas prévu ! »
    Une gosse qui rit de son propre reflet... L'ironie est d'la partie.

    Plus fort que la haine, le dégoût que tu traînes à l'égard de Kira... Et des criminels en général... Est indicible... Sans limite ni autre mesure...
    Ta répulsion te fait jalonner sur le fil du rasoir. Tant et si bien, qu'un jour, je crains que tu ne tombes du mauvais coté de la ligne...
    Comme ce dit Dieu...

    Ezaëlle... Serrait-il possible de conclure ce texte sans dissocier ton âme du papier calque ?!
    Tu auras beau le nier... Te moquer de moi... Ou encore me dire que je parle trop... Il est vrai que je me perds souvent dans le flot de mes lignes... Mais, s'il te plait, le respect que je te porte, ne me laisse pas m'étrangler avec.
    Quoi que cristalline, tu rayonneras toujours de cet éclat spectral.
    Tu as une pâleur de l'esprit, quelque chose en toi de parfait et de lisse... De vierge aussi, peut-être.
    Oui. Quand je te contemple, tu es comme une feuille vide... Taillée en avion... Voguant dans un tourbillon de questions...
    Une beauté si sobre, et si hostile... Régit sur un vent d'éphémérité. »


    ~~~


    Deux perles liquides vinrent s'échouer sur l'imprimé. Les dernières lettres se retrouvèrent sitôt noyées, avant de s'évaporer dans une petite flaque couleur encre. Jamais elle ne s'était sentie si insignifiante. C'était assez étrange... Une émotion abstraite lui étreignait le myocarde... Comme si, à force de faire reluire une inconnue, de la placer au devant de la scène, elle était devenue son ombre... Culpabilité ou rage méritée ? ! Une masse d'obscurité avait-elle le droit d’aspirer l'espoir de se caricaturer en une entité complète ?! Sans chercher quelconque réponse, elle s’empara du briquet.

    ~~~


    « Qu'il est bon de tromper autrui avec cette force absurde qui régit l'apparence. »

    PARTICULARITÉS :
    • Une jolie poupée, souvent déguisée...

      Ezaëlle est capable d'imiter ses « proie » à la perfection... De prendre leur apparence, de refléter leurs manies, d'adopter leur psychologie... Mais aussi de plagier leur voix à la quasi perfection... Et ce, après une courte période d'observation.
      Elle use fréquemment de masques en latex... Mais peut se parer avec d'avantage de minutie si le temps lui permet...
      Bien entendu, sa capacité à voler les visages est assez limitée... Jamais, elle ne pourra emprunter le corps d'un enfant pas moins que la carrure d'une armoire à glace... Cependant, elle possède déjà, un bel éventail d'offres.
      En somme... Nous pourrons donc dire, qu'il s'agit là d'une femme miroir...


    • Un bien sombre éclaireur...

      De part sa condition, notre française s'est spécialisée dans l’infiltration... Et tout ce qui touche de près ou de loin la reconnaisse de lieux.
      En effet, sa compétence en matière de déguisement, lui garantie une sécurité qui est nullement négligeable. C'est dans un anonymat parfait, qu'elle peut faire ses rapports, quant aux endroits ou situations qui lui sont assignés...
      Plus intéressent encore, Ezaëlle est capable de s’imiter dans la vie de ses cibles. En dérobant l'apparence d'un proche, tout simplement. Ce qui lui permet en plus d'un contact très étroit, la fiabilité de ses sources...
      Une action ô combien lâche, me direz vous... Mais qui vous à dit que les anciens de la Wammy's house étaient des enfants de coeur ?


    • La femme qui n'aimait pas les hommes...

      A force de trop se rayer, son cœur s'est usé.
      Comment vous l'expliquer concrètement... Uhm... Et bien, disons qu'Ezaëlle a eut l'occasion de côtoyer déjà une bonne poignée d'hommes au cour d'sa vie en construction. Loin d'être les meilleurs. Tant et si bien que l'unique illusion qu'elle préserve d'eux s'avère peu ragoutante...
      Pire, elle a la fâcheuse manie de les incorporer dans un tout, d'étiqueter le premier Don Juan venu...
      Je vous laisse donc songer au chaos de ses relations intimes.

      Pourtant, Ezaëlle n'est pas le genre à chercher refuge dans les bras d'une de ses collègues de la gente féminine...
      Pour tout vous dire, un homme a su la marquer un jour. Peut-être même, s'est-il ancré trop profondément dans ses artères... Comme un poison...
      Car, cette relation là, quoi que platonique, se révélait d'une nocivité malsaine.
      Oui, c'est cela, un venin au nom d'Oedipe...

      Suite à cette brève analyse, nous pouvons affirmer que notre charmante française est sexiste... Et, elle ne le bafoue point.


    • Un béguin du nom d'Oedipe...

      « Même si maman sanglote de temps en temps,
      Même si elle renifle souvent,
      Ou qu'elle se crible de produits transparents...

      Qu'elle ravale tout l'temps ses rêves,
      Ou boive cette fumée mièvre,
      Le temps d'espérer une trêve...

      C'que je ne donnerais pas,
      Pour dérober cette case de choix.
      Pour qu'enfin mon papa,
      Me prenne dans ses bras...

      Car plus que de l'admiration,
      Ou une simple émotion,
      Ce sentiment s'en va loin de la raison... »



      Petit poème enfantin, rédigé de la main d'Ezaëlle, au matin de ces onze ans...
      Quelques jours avant le drame qui bouleversera à jamais son équilibre.
      Gamine, la situation familiale de notre tête rose, fut des plus instables... Sa chère mère étant prisonnière des effets de la drogue, si peu mature et si peu présente d'esprit, Ezaëlle s'en est souvent retournée vers son père, le dernier pylône d'honneur que pouvait encore espérer la famille...
      Son charisme, et sa facilité à trouver des solutions à toutes les problématiques... Son intelligence mais, surtout et surtout, ce coté rassurant, ont nourri chez Ezaëlle une véritable vénération pour son géniteur... Qui aura finalement mué en amourette...
      Peut-être, que si elle avait vu le jour dans un environnement plus sain... Tout ce-ci ne serrait jamais arrivé. Qui sait ? Aujourd'hui, il est prouvé que des épisodes sombres influent sur les vibrations du coeur.


    • Calissons, calissons, calissons ; douce addiction...

      Cette rime nécessite-t-elle une quelconque explication ?
      Depuis toute jeune, la jolie femme bonbon à souvent eu le besoin de mastiquer ces friandises au melon confi. Pourquoi ? Bonne interrogation...
      Cette devinette amère, restera certainement un mystère.
      Si la survie des fumeurs dépendant de leur paquet, il en est de même avec Ezaëlle. Jamais notre junkie du glucose ne fera un pas en extérieur, sans sa délicate boite emplie de douceurs.



  • Another Note : Adepte inconditionnelle du Bookcrossing, fétichiste de la couleur rose...
    Elle cache perpétuellement dans la doublure de son « ours en peluche/ sac à dos » un costume de parfait citoyen anonyme, pour se fondre dans la foule en cas de coup dur.



MY DIRTY LITTLE STORY :

    « J'ai toujours pensé que je n'étais personne. Et la seule façon pour moi de devenir quelqu'un... et bien c'est d'être quelqu'un d'autre ! »
    ~Marilyn Monroe


    PASSÉ :
    :: SOUVENIR D'UN MASQUE ::
    - Gentle Hands -

    ~~~

    « Enfant, on nous prétend libre de notre avenir... Qu'avec bon acharnement, l'on pourra tout bâtir... Quelles sornettes mielleuses ! Pourquoi les adultes nous assomment-ils de leurs paroles creuses ?
    Si nos rêves nous entraînent vers une jolie boîte verrée, comme ces papillons empaillés... Alors cette véritable moi, autant la neutraliser. »


    ~~~


SABLIER I
Seize ans plus tôt.
Ezaëlle à six ans.


    - Pourquoi te caches-tu, E******** ?!
    - Mais, je n'ai jamais cherché à me cacher ! Je m'isole seulement, là où je ne veux pas que l'on me trouve.

    Aujourd'hui, mon père me crachote encore ses reproches. Arg, c'que j'peux détester quand il me fixe ainsi, la mine contrariée, comme si je l'avais blessé dans ses attentes.
    Nous nous faisons face dans son bureau privé.
    Sur la surface complète de la pièce, d'élégants ouvrages gardent les mûrs. Une étoffe pourpre gorge le sol d'une légère tiédeur... Sur ce pupitre massif, édifié tel une muraille de frêne, trône une tasse de thé fumante, escortée d'un cendrier terni par la cendre.
    Honteuse d'avoir haussé le ton, j'abaisse mes cils charbon. Mes mains se crispent sur les accoudoirs en cuir.
    Il vomit un soupire... A la force de son souffle, je le devine exaspéré, embêté, gêné.
    Alors, j'ai envie de disparaître. De fondre progressivement, avant de me dissoudre dans son infusion. Peut-être que si j'imprégnais sa boisson, il m'aimerait pour de bon ?!

    Plus tôt dans la matinée, mon instituteur à appelé.
    Pour qui il se prend monsieur-je-me-mêle-de-la-vie-personnelle-de-mes-élèves ?! Je suis une fille irréprochable ! Bon. J'admets ne pas être l'exemple atypique de la philanthropie. Ou de rembourrer mes camarades de temps à autre... Mais aussi, comment minauder tranquillement face à des imbéciles hostiles ?!
    Même l'intellect s'effrite sous l'acide absurde que vous façonne la bêtise.
    En début d'année, j'ai pourtant tenté d’engager un birbe de conversation...
    Moi ?! Tout du moins l'ancienne. Vu qu'Ezaëlle n’existait pas à l'époque...
    Résultat ?! Aux yeux de ces nigauds : Freud serrait une fabrique de voiture, Magellan le nom d'un goéland, et Al Pacino l'intitulé d'un décaféiné... Vraiment... Accablant...
    Alors, je n'ai fais que renforcer l’abîme. Je n'agissais nullement par orgueil... Je préférais juste me construire dans un univers propre au mien. Le souhait de n'importe quel enfant, au final...
    Pour c'que ça m'aura apporté d'rêver.
    Très vite je suis devenue la cible de leurs sarcasmes... Un engrenage obscène qui n'aura eu l'effet que d’accroître mon besoin de solitude.
    Parce que comment voulez-vous décortiquer paisiblement du Zola, lorsqu'on vous lance des cailloux ? Et encore, me faire lapider de pierres n'était en rien comparable aux critiques que je me prenais en pleine figure... « Sale autiste », « Crèves », « Toi qui aimes contempler les natures mortes, pourquoi n'en deviendrais-tu pas une ? »...
    S'acharner contre le plus faible... Détruire le nuisible... Bien avant d'être scolarisé, j'avais déjà étudié ce genre de phénomène sociologique... Dans un documentaire animalier sur Arte ! Une fois de plus, moi, le cobaye vivant, démontre que les Hommes tiennent bien plus du mammifère que d'une pseudo-humanité dont ils se parfument à longueur de journée.

    Tout se déroulait dans le pire des mondes... Jusqu'à cette écorchure.
    Comment évoquer pareille fissure sans mentionner le nom de Marie-Madeleine. La plaie d'une élite strasbourgeoise.
    M.M – comme le disent mes aînés de CM2 – c'est 1M02 de prétention, vingt kilos de perfidie, du Tiffany pendant des lobes et des Doc Martens greffés à la plante des pieds. La blondinette qui déplore la famine africaine, pour ensuite se consoler, en se rabattant sur le dernier macaron Ladurée.
    Une fille qui cultive l'amour comme un paysan la jachère.
    Avoir une blouse blanche pour tuteur, n'aura jamais innocenté la pureté de son cœur.
    Nous avons un âge commun, une intelligence commune, faisons partis de la même promotion, possédons sans doute les mêmes ambitions... Cependant, il semblerait que Mady s'amuse à sacrifier son extrême potentiel sur l'autel de la destruction d'autrui.
    Ça, je l'affirme après avoir été victime du fer de ses réparties.
    Mais, la blessure dont je vais vous faire l'éloge fut bien plus vive, que la plus cinglante de toutes ses piques.

    Monsieur Marchal, notre professeur marié aux chemises à carreaux et aux grosses lunettes d'une autre époque – qui dit au passage lui concède d'avantage l'allure d'un insecte que d'un haut fonctionnaire de l'enseignement privé – venait de nous confier un insigne travail personnel empestant la banalité.
    Le genre de blague que tous bons maîtres se croient obligés de vous imposer à un moment précis de votre scolarité. Tout cela pour vous donner la conviction erronée d'une liberté d'esprit aussi artificielle que l'intérêt d'un prof' pour ses élèves.
    Nous devions retranscrire par le biais du troisième art la « chose » nous ayant le plus marquée dans le tout Strasbourg.
    Je méprise ceux qui ne voient guère plus loin que la pointe de leur clocher. C'est d'un égoïsme trouble.
    Bref. Bien qu'avec une certaine nonchalance, je me suis laissée séduire par le jeu.
    Mes orbes d'argile s'abimaient sur la feuille de nacre. La classe était aussi silencieuse qu'une rangée de statue. Monsieur Marchal, absent de notre panorama, jouait probablement au cadavre, affalé dernier le bureau lui servant de cercueil. Je redressai le menton. La trotteuse du cadran me semblait boiteuse. J'avais la sale impression qu'elle se moquait de ma figure, ou de ma captivité dans ce tombeau meublé plus communément appelé « salle de cours ».
    Je dégueulai un imperceptible soupire... Le souffle d'une condamnée à mort... Et encore, apprendre les nœuds coulants m'aurait paru moins assommant que ce suicidaire ennui.
    Mon engouement désert – bientôt digne de se renommer en « Sahara » – propulsa ma mine d'enfant dégouté à la croisade d'un germe d'idée.
    Aude, héritière de notre illustre député, entreprenait l'esquisse du prestigieux parlement européen. Son ridicule dans l'application du drapeau français me fit sourire. Celle-ci ne méritait pas d'être à ma droite en vain.
    Sur ma gauche, Adrien, fils d'un mouss' ivrogne, s'acharnait pour un bâteau mouche flottant sur le miroir de la Venise verte.
    Je dus pivoter la tête, afin de contempler « Porcinet » accoucher d'un magasin de bretzels bien gras. Il avait des étoiles dans les yeux...
    Alors, je me retournai et pris le temps de m'intéresser à la parcelle aride qu'était mon inspiration.
    Comment la nourrir ? Quel songe y enterrer ?
    Je ne le savais pas, pas du tout ; je l'ignorais même totalement... Jusqu'à brouiller ma vision d'un fragment de souvenir.

    C’était il y a un demi-mois de cela. Ma main si minuscule s’écussonnait à celle de mon père. Nous profitions d’un de ces rares jours de congés, tandis que Nadège – sa secrétaire – croulait probablement happée par une mare de dossiers. A croire que les gens choisissent le mariage comme un légume hors saison, et qu’il incombe aux honorables d’afficher l’addition de leur belle envie passagère.
    Des femmes qui passent de l’élégante robe meringue à la sinistre parure aubergine, ces grosses courges au cœur aussi important et creux que peut l’être une citrouille, mon cher géniteur en a vu défiler plus d’une dans l’étrange potager lui servant de cabinet.
    Elles apposent leurs griffes au pied d’un vieux courrier. Leurs poireaux d’époux restent plantés là ne sachant trop quoi faire ou que dire. Puis, avec une diplomatie des plus hypocrites, s'arrachent la garde de leurs lardons à coup de sourires aigre-doux ; la victoire serra au plus acidulé.
    Mon père est avocat. Un enjôlant fruit en forme de trognon qui jouit d’anéantir celui de ses semblables.
    Enfin, ce n'est que mon avis. Aux yeux des médias papa est plutôt une charogne. Mais ne serait-ce pas véritablement eux les vautours de notre société ?
    Il dut me trainer durant une bonne demi-heure, avant d'arriver à destination.
    Maman était prisonnière des troupeaux de docteurs. A ma grande satisfaction, je ne l’avais que pour moi. Moi. Moi et moi seule.
    D'anciennes résidences à colombage nous cernaient. La fraicheur nous lésait les yeux et rougissait nos joues. Mon visage disparaissait, dévoré par un bonnet laineux. En dépit d'une présence de moufles, je pouvais sentir sa chaleur filtrer au travers les mailles du tissu.
    Quelques flocons chutaient, silencieux. On eût dit que des plumes d'anges s'échouaient sur Terre. Du ciel cendré, « elle » s'imposait à nous dans toute sa fierté : La belle Notre-Dame de Strasbourg.
    Vraiment, ce sanctuaire populaire me propulsé au cœur d'un bocal enneigé.
    Au début, j'étais assez réticente. Mon père tenais à m'y mener pour « la culture de mon patrimoine ». Il aurait été incommodant d'avoir une petite tâche dans cette famille tellement luisante. Les vitres étaient sinistres. Les gargouilles brandissaient leurs stupides grimaces. Les saints me dévisageaient avec leurs regards d'inquisiteurs... Sur les marches dallées de pierres froides, une veille dame faisait la manche... « Pour manger » disait-elle... Et je fus abasourdie lorsqu'un jeune ado' troué de cicatrices boutonneuses osa lui répondre « 'Solé ! Faut qu'je garde mon blé pour ma croute d'ce midi ! ».
    Ce que je vais prononcer peut paraître blasphématoire. Mais, il se dégageait de ce lieu quelque chose de si pernicieux.
    Sans doute parce que dieu est un enfoiré de sadique qui apprécie nous voir nous dépêtrer, sans jamais nous aider... Et de l'attendre lui, comme les gosses un père Noël.
    Bref. Je ne possédais nullement l'engouement nécessaire pour aller m'enfermer dans ce lieu sordide. Sur le vif, j'aurais sans doute même préféré ingurgiter un flacon d'eau javellisée plutôt que d'intoxiquer mes poumons d'encan répugnant ou de m'écorcher les poignets tout cela pour me sauver d'une eau bénite empoisonnée.
    Père bien décidé à outrepasser les caprices du fruit de ses semailles, me tira de force vers l'intérieur. Osant à peine me débattre – du moins, sur le plan physique – je repoussai donc la fatalité véhémente au plus profond de ma tête. La moue pleine de reproches, je dus le suivre... Et, une fois au sein de l'édifice, qu'est-ce-que je fus médusée ! Comment avais-je pu à se point me laisser berner ?
    De l'extérieur, une église peut paraître morne, grise, sans couleurs... Même la plus sublime. Celle-ci semble bien vaniteuse avec son unique tour. L'élégance du pathétique. Hors, une fois l'entrée foulée, ce préjugé monochrome vola en éclat. Un peu comme si les cloisons verrées de ma conscience détonaient de ma propre stupidité.
    Il y avait cette lumière partout... Des sortes de petites lucioles oniriques, sur les cierges. Cette petite étincelle sur l'iris des gens. Des soleils, sur les statuts d'orées... Mais, les éléments m'ayant le plus frappé, furent sans nul doute les vitraux.
    Vu de la place, ils semblaient obscurs, poisseux, et ténébreux... Un paradoxe pour un lieu saint, pas vrai ?! Seulement, depuis la nef centrale, je les voyais imbibés d'un tel éclat... Les teintes étaient vives, vivantes, on eut dit qu'elles étaient neuves, immortelles. Et alors que mes pupilles grosses comme des marrons, fixaient la jolie rosace dentelée, je me suis posée la question.
    Et si j'étais comme une église ? Sombre d'apparence mais, le coeur couvert de couleurs insoupçonnées ? Oubliée et fui des temps modernes. Avec une surface incomplète mais, un de-dans tellement prospère. « Un prodige du gigantesque et du délicat », comme l'insigne mon papa...
    Alors, je décidai de ne jamais l’oublier. Peut-être même pourrait-elle renaître en muse par la suite...
    Mon impression fut loin d'être creuse.

    D'un geste vif, mes doigts se soudèrent au crayon. Aussi frénétique qu'un poisson hors de l'eau, ma main faisait de rapides vas et viens sur le papelard. A cet instant, mon esprit était ailleurs. J'étais captive de ma propre songerie, les yeux prisonniers d'une
    despotique imagerie. Mon bras agissait à l'encontre de ma volonté, étranger à mon corps.
    Alors que la belle Dame en granite commençait à gagner en détails, je fauchai mon compas, affamée de mes chimères.
    Alors que j'ébauchai ses jolies courbes bien dodues. Je vis deux pupilles de rapace me charger.
    Marie-Madeleine...
    Un sourire de crocodile s'agrafait sur ses lèvres fines. Elle battait des prunelles telles un papillon vénéneux. La mine suintant la fausse innocence, elle s'approcha de moi dans sa démarche de louve à l'affut.
    Porter le nom d'une sainte ne la rendait que plus dégoutante. On dit de la Marie-Madeleine originelle qu'elle pécheresse. Certains déduisent même qu'elle aurait eu des « liaisons » avec le Christ. Si vous voyez ce que je veux dire... Cette M.M là, incarnait à elle seule tous les pêchers de la création.
    Un hostie rongé par la moisissure. Un vin ayant tourné au vinaigre... Vraiment, aucuns mots ni termes ne serraient assez percutant pour décrire l'obscénité de cette fille.
    Elle se pencha près de moi, me faisant face. J'eus l'impression que l'on était un vieux couple de divorcé condamné à un dîner imposé. Elle s'accroupit, s'accouda à MA table, et pencha de la tête – comme ces poupées en porcelaine au visage si terrifiant.
    Je la toisai. Mon regard l'insultait de nuisible...
    Puis constatent ma menace vaine, je replongeai dans mon travail.
    Elle ne méritait pas tant d'importance après tout.
    J'aurais aimé la mépriser.
    J'aurais aimé ne pas l'écouter.
    J'aurais aimé être née sourde.
    Ainsi peut-être, l'accident n'aurait pas eu lieu ?
    Elle sortit de je-ne-sais-où un petit sachet. Une sorte de feuille vierge pliée en un nombre improbable de fois. Elle en déversa le contenu sur le bureau...
    De la sciure de gomme ?
    Mes yeux crédules voyagèrent successivement entre le petit tas couleur craie et les iris cruelles de Marie-Madeleine.
    Elle me fixa. La moue aussi froide et sadique que celle d'un reptile.

    - Un présent pour ta charmante mère ! J'espère qu'elle apprécia aussi cette petite faveur.

    Je la scrutai. La face baignant d'incompréhension.
    Où voulait-elle en venir ?
    Marie-Madeleine ne mit guère de temps à élucider mon interrogation.
    Son sourire s'étirant de plus en plus, elle s'appliqua à étendre la jolie montagne de gomme en un chemin bien rectiligne. Une fois la tâche accomplit, elle roula sa petite feuille en une forme cylindrique.

    - Après tout, les rails, ça la connait. Non ?!

    Je n'entendis pas son rire. Je ne la vis pas s'esclaffer, ni renverser sa tête à l'arrière.
    Ma conscience tournait, comme un effroyable manège.
    Comment était-elle au courant ? Comment savait-elle pareille affaire de famille ?
    Son père est médecin... Donc tenu à ces secrets professionnels qui vous cousent la bouche. Aurait-elle été assez rusée pour aller fouiller dans ses dossiers ?
    Mes pensées s'égaraient, résonnaient, tourbillonnaient dans le vide.
    Je sentis mon sang bourdonner dans mes tempes... Puis... Plus rien... Le chaos.
    Cher néant, bienvenue en mon sein.
    Lorsque je repris mes esprits, une vilaine trainée rouge rayée la joue de Mady. Toute la classe me dévisageait estomaquée. Dans mes mains était implanté mon beau compas chromé... Au piquant perlant de magnifiques gouttes comme des grenats.

    Ma vue se décortique pour céder place au légitime présent.
    Je cille pour extraire ce souvenir pénible. Papa me toise toujours dans un cocktail de honte et de rage.

    - Te rends-tu compte à quel point c'est grave ?

    Je baisse la tête. Un violent uppercut me secoue le myocarde.

    - Heureusement, les parents ne portent pas plainte... Et ta camarade n'est pas dans un état critique.
    - Vu comme elle braillait, pour sûr que sa vie n'était pas en danger !

    Je regrette déjà mes paroles. Il est vrai que d'ordinaire, je suis plutôt arrogante. Mais s'il y a une personne à qui je vaux un respect quasi inflexible, c'est bien à lui : Albain. Mon père.
    Sans broncher, j'accepte la gifle qui me rosie la joue. Je ne cherche pas à appliquer mes doigts glacés pour calmer la douleur...

    - Réalises-tu que le nom de notre famille s'est terni ? Que vont penser mes collègues, uhm ?

    Mon visage se dissipe sous un rideau de cheveux châtains. Je ressemble à un saule centenaire abattu par un déluge. Ma vision se brouille de larmes que je m'efforce de contenir.
    Mon père hausse les yeux, crache un bref soupir.


    - Qu'a-t-elle mérité pour que tu la blesses de cette façon ?


    J’essaye de fuir son regard. Je ne veux pas qu'il me voit ainsi, si pitoyable.
    Je ravale ma salive, humecte ma gorge pour rayer ce tremblement dans ma voix.

    - Désolée...

    C'est l'unique mot que j'arrive à prononcer.
    Étrange. On dirait qu'un inconnu a emprisonné mon vocabulaire, comme on piège une abeille dans une boîte en verre.
    Jamais je ne pourrai lui dire à propos de maman... Son coeur est encore à vif... Et il est si euphorique à l'idée de la revoir prochainement...
    Il s'est même prit pour un magicien en matérialisant des bouquets de fleur d'partout dans la maisonnée.

    - Ma foi... Pourquoi gâcher la veille d'un évènement si glorieux ?

    Demain... Elle revient... Demain mon père ne sera plus le mien...
    Il se lève, me prends dans ses bras...
    Je suis heureuse, heureuse, heureuse... Tout simplement.



SABLIER II
Maintenant, je le sais...
La drogue est comme une grenade qu'on lâche
En plein coeur d'une famille.



    U.C


DEAR MYSELF


PRENOM : Anaëlle !~ Et non pas Annaëlle, Anaël, ou Anabelle. Comme beaucoup s'y méprennent.
AGE : Suis une majeure nah !~
RL LEVEL : Je vomis l'autocritique. C'est à vous donc, que je lègue le libre jugement.
COMMENT J'AI CONNU CE FORUM : Il y a environ deux ans, un péquenot du nom de Google m'a fait dériver ici... Je suis une vielle rouquine sanguinaire oubliée de tous.
POINTS POSITIFS : Umh... Un joli design, une activité plutôt concentrée...
POINTS NEGATIFS : Je passe...
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Dernière édition par Ezaëlle Beaumont le Sam 5 Mai - 18:04, édité 255 fois
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Ezaëlle Beaumont



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MessageSujet: Re: Ezaëlle Beaumont (Une fresque... En attente d'histoire !~)   Ven 10 Fév - 10:36

    [post réservé, en cas où.]
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MessageSujet: Re: Ezaëlle Beaumont (Une fresque... En attente d'histoire !~)   Ven 10 Fév - 11:34

Rouquine, quelle joie de te revoir ! Rrrebienvenue parmi nous~ What a Face

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>>Dossier
Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Ezaëlle Beaumont (Une fresque... En attente d'histoire !~)   Sam 11 Fév - 12:30

*oooo* La jolie fiche

Bienvenue ^^
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Humeur: Bizarre comme d'habitude et fier de l'être ?
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MessageSujet: Re: Ezaëlle Beaumont (Une fresque... En attente d'histoire !~)   Sam 11 Fév - 14:50

Très joli ^^
ton personnage à l'air très intéressant !
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Iyona Tanaka
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MessageSujet: Re: Ezaëlle Beaumont (Une fresque... En attente d'histoire !~)   Sam 11 Fév - 17:19

Bon retour à la maisooon !! Very Happy

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MessageSujet: Re: Ezaëlle Beaumont (Une fresque... En attente d'histoire !~)   Lun 13 Fév - 15:02

Quel belle fiche qui déforme le forum =3
Mais re bienvenue ici ^^

___________________________
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Tod Johnson



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MessageSujet: Re: Ezaëlle Beaumont (Une fresque... En attente d'histoire !~)   Jeu 16 Fév - 11:40

Bienvenue =)
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Ezaëlle Beaumont



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MessageSujet: Re: Ezaëlle Beaumont (Une fresque... En attente d'histoire !~)   Sam 3 Mar - 9:12

Merci à tous !~

Au passage, je profite de ce petit message pour prévenir que ma fiche risque de traîner encore d'un tantinet en longueur. Longueur de temps et de lignes. Hélas, la restriction du PC en semaine m'y oblige.
Hum... Mais vu que la privatisation des écrans bénéficie à la créativité, je peux espérer la finir le plus rapidement possible.
Désolée, et merci de votre compréhension.

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MessageSujet: Re: Ezaëlle Beaumont (Une fresque... En attente d'histoire !~)   Sam 5 Mai - 16:14

Bon courage pour finir ! :3
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Ezaëlle Beaumont (Une fresque... En attente d'histoire !~)

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