Les jours de la semaine se suivent mais ne se ressemble pas, surtout pour Iyona. Certains jours, elle a de la chance. Elle arrive à récolter suffisement d'argent en mendiant, pour manger à sa faim. D'autres fois, elle n'a presque rien. C'est le quotidien de Iyona. Une petite fille sans famille qui vit sans savoir ce qu'il va se passer le lendemain. Mais il fait de plus en plus froid et, comme elle n'est pas complètement stupide, elle sait bien qu'elle ne pourrait pas vivre éternellement ainsi.
Enfin ! Revenons à aujourd'hui ! Cette nuit, la fillette a dormi dans un parc, sur un banc. Elle a choisi cet endroit car elle est sûre de ne pas être dérangée. La veille, elle était entrée un quart d'heure avant la fermeture et avait attendu dans un buisson que le gardien parte en laissant la grille fermé derrière lui. Après ça, elle avait cherché l'endroit le plus confortable pour y passer la nuit.
Iyona est donc levée du bon pied, prête pour une dure journée ! Elle a traversé beaucoup de rue afin de trouver l'endroit idéal -rempli de personnes, des tas de gens aussi pressés les uns que les autres, envahis par le stress du travail et qui ne pensent qu'à leurs salaires et leurs primes- pour mendier. D'ailleurs, ce n'est pas du tout "l'endroit idéal" car ici, c'est chacun pour soi, pas de travail, pas d'argent. En résumé : C'est dans ce genre de quartier qu'on compare Iyona à un déchet posé en plein milieu du trottoir.
Après quelques heures d'attente, Iyona avait bien compris que ce n'est pas ici qu'elle trouverait les passants les plus généreux. Elle se releva et secoua sa tunique pour en enlever une bonne masse de poussière. Elle regarda autour d'elle. A quelques mètres , se trouvait un homme. Lui donner un âge était assez difficile, car, admettons qu'il ait une trentaine d'années, avec le froid et la fatigue, on lui donnait facilement 10 ans de plus. Il était accompagné de son chien et de sa guitare. Le chien (pas besoin de vous préciser que c'était un batard galeux avec uniquement la peau sur les os) était couché près de son maitre, relevant la tête à chaque bruit qui passait à proximité. L'homme, lui, avait placé un berret devant lui, comptant sur l'âme charitable des comptable et autres employés de bureau. Il avait posé sur ses genoux sa vieille guitare en bois, jouant un morceau. Les sons qui sortaient étaient totalement faux. La guitare n'avait pas du être accordée depuis une demi douzaine d'années. La jeune fille se rapprocha de l'homme, resta debout devant lui et fixa ses mains, qui dansaient sur l'instument.
Après quelques faux accord, il stoppa les vibrations des cordes de son précieux instrument et s'adressa a la petite fille sans détacher son regard du sol.
Que diable a t'il pu arriver à un si jeune être pour qu'il soit seul, abandonné, laissé à lui même, dans cet environnement si peu confortable ?Sa voix était à la fois douce et sèche. Il n'avait pas l'habitude de parler... Elle déraillait de temps à autres, laissant échapper des sons assez stridents mais le ton dans sa voix était si doux qu'il pourrait attendrir n'importe qui en leur parlant. Ce monsieur devait vivre dehors depuis longtemps... Assez longtemps pour casser ses cordes vocales et l'affamer, lui et son fidèle animal de compagnie.
Euuh... C'est de moi que vous parlez ?L'homme se retourna vers Iyona d'un coup. Ses yeux était d'un bleu-gris, plus clair que le ciel de Tokyo.
Evidamment que c'est de toi que je parle ! J'ai vécu assez longtemps pour savoir qu'il faut qu'il se passe quelque chose de grave pour qu'une si jeune personne vive tout seul, dans la rue.Oui... Mais c'est une longue histoire... Et... Et ça ne vous regarde pas d'abord !Il rigola. Ou plutôt, il ricana. C'était un bruit particulier. Entre le rire et la toux.
Héhéhéhé... Je n'ai jamais dit que ca me regardait ma grande. Si tu es dans cette situation, ca ne regarde que toi. Après tout, quand on a la force et la foi, ce genre de situation n'existe pas. Moi, j'ai arreter de croire, à force...Cet homme faisait de la peine à Iyona. Elle qui se croyait forte et sans pitié, avait en réalité un grand coeur. Ce genre de remarque ne lui plaisait pas car, une fois devant les agresseurs de son petit frère, il ne fallait en aucun cas qu'elle ait de la pitié pour eux !
...Vous vivez dehors depuis longtemps ? Ecoutez, si il y a bien une chose que j'ai compris, c'est qu'il faut vivre sans se soucier ni du passé, ni du futur. Venez avec moi, dans un autre quartier de Tokyo. Il y a des gens dans ce monde, des plus généreux. Je crois encore, moi ! Je me battrai pour vivre jusqu'à mon dernier souffle. Et si cette "foi" peut aider les autres, qui sont dans la même situation que moi, alors je n'hésiterais pas à leur faire partager ma force.A l'écoute de ce discours, l'homme regardait Iyona avec étonnement, pour ne pas dire émerveillement. Il se releva, le chien fit de même.
Ma petite... Tu es une personne exeptionnelle, vraiment. Les gens comme toi sont si rares sur cette Terre. Je me demande qui t'a envoyé à ma rencontre. En tous cas, j'ai beaucoup de chance que nos chemins se soient croisés. Iyona et cet homme, dont elle ne connait toujours pas le nom d'ailleurs, partirent vers un autre quartier. Là, l'homme s'installa, avec sa guitare. Il joua un morceau à Iyona. Elle, prit la guitare, et l'accorda du mieux qu'elle pu, à l'oreille. Certaines personnes s'arrêtaient pour écouter les deux jouer, d'autres, leur donnaient de l'argent. A la fin de la journée, Iyona, l'homme et son chien avaient récolté assez d'argent pour manger convenablement. Chose, qu'il ne s'était pas passé depuis longtemps. Aujourd'hui, avait été une journée très spéciale pour Iyona. Un journée qui l'a beaucoup renforcé mentalement. Elle est maintenant plus que jamais déterminée. Mais, après s'être séparée de cet homme en lui disant un grand merci, il fallait qu'elle trouve un endroit où dormir. A force de marcher, la fillette était abbatue. Elle arriva à proximité d'un cimetière et décida d'y entrer. Elle cheminait dans les allées, regardant les noms marqués sur les pierres tombales.
Une de ces tombes, la fit s'arrêter net.
"A la famille Tanaka, qu'ils trouvent la paix"
Le nom de son père biologique était inscrit. Avait été rajouté, le nom de sa mère : Sanako Tanaka ;
son petit frère : Hiro Tanaka et...
Elle même : Iyona Tanaka
Iyona s'agenouilla devant la tombe et se mit à pleurer. Tous ces souvenirs, de sa petite famille heureuse et maintenant... Elle est morte. Elle n'existe plus. Pour personne....
Les émotions, le froid, cette dure journée fatiguante, il ne fallut pas longtemps à la gamine pour s'endormir sur sa tombe.
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| | Désolée si c'est pas super, j'ai fait de mon mieux ! Désolée aussi pour les fautes d'orthographes et je sais pas si je suis dans le quartier adapté... Si jamais je le déplaçerais  |